Flat tax ou barème progressif : comment choisir pour vos revenus mobiliers ?
Flat tax ou barème progressif : comment choisir pour vos revenus mobiliers ?
Dividendes, intérêts et plus-values mobilières perçus par les particuliers relèvent, par défaut, du prélèvement forfaitaire unique, la fameuse "flat tax". Depuis le 1er janvier 2026, ce prélèvement combine un taux d'impôt sur le revenu de 12,8 % et 18,6 % de prélèvements sociaux, soit une imposition globale de 31,4 %, sous réserve de régimes particuliers propres à certains placements.
Le contribuable garde toutefois la possibilité d'opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option, valable pour l'ensemble des revenus et gains concernés, peut notamment ouvrir droit à un abattement de 40 % sur certains dividendes. Depuis 2026, cette option n'est plus irrévocable, ce qui rend l'arbitrage encore plus pertinent à documenter chaque année.
Comprendre les deux modes d'imposition
Le PFU, régime par défaut
Sans démarche particulière, les dividendes, intérêts et plus-values mobilières sont soumis au prélèvement forfaitaire unique, à un taux global de 31,4 % pour les revenus perçus depuis le 1er janvier 2026 : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Certains produits, comme certains contrats d'assurance-vie ou d'épargne réglementée, restent soumis à des règles spécifiques.
Pour les dividendes et intérêts, l'imposition se joue en deux temps : un acompte de 12,8 % est prélevé lors du versement, avant que l'impôt définitif ne soit calculé l'année suivante lors de la déclaration de revenus, l'acompte déjà versé s'imputant sur l'impôt dû. Avec le PFU, les revenus sont taxés sur leur montant brut : pas d'abattement de 40 % sur les dividendes, pas de frais déductibles, et aucune fraction de CSG déduite du revenu global.
L'option pour le barème progressif
Le contribuable peut renoncer au taux forfaitaire et soumettre ses revenus mobiliers au barème progressif de l'impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers, plus-values et gains concernés par le PFU pour l'année. Il n'est donc pas possible de choisir le barème uniquement pour les dividendes tout en gardant le PFU sur les intérêts.
Sous conditions, le barème peut ouvrir droit à :
l'abattement de 40 % sur certains dividendes ;
la déduction de certains frais et charges ;
l'imputation de déficits antérieurs ;
la déduction d'une fraction de la CSG, actuellement de 6,8 %.
Depuis la loi de finances pour 2026, cette option n'est plus irrévocable, mais elle reste globale et doit être exercée dans les délais applicables à la déclaration de revenus.
Arbitrer selon la situation du foyer fiscal
Les critères qui font pencher la balance
Le choix dépend d'abord du taux marginal d'imposition du foyer. Le PFU est en général plus avantageux pour les foyers fortement imposés, en particulier quand les revenus mobiliers sont surtout composés d'intérêts, qui ne bénéficient pas de l'abattement de 40 %.
À l'inverse, le barème progressif peut être plus intéressant pour les contribuables faiblement imposés, ou pour ceux dont les revenus proviennent principalement de dividendes éligibles à l'abattement. La possibilité de déduire certains frais et une fraction de la CSG peut aussi faire pencher la balance. Les plus-values sur des titres acquis avant le 1er janvier 2018 méritent une attention particulière : sous certaines conditions, les abattements pour durée de détention peuvent encore s'appliquer en cas d'option pour le barème. L'arbitrage doit donc se faire sur l'ensemble des revenus mobiliers du foyer, pas produit par produit.
Pourquoi une simulation globale reste indispensable
Une comparaison fiable doit prendre en compte :
l'impôt sur le revenu correspondant à chaque régime ;
les prélèvements sociaux ;
l'abattement de 40 % sur les dividendes éligibles ;
les frais éventuellement déductibles ;
la fraction déductible de la CSG ;
les moins-values reportables ;
les abattements applicables aux titres anciens.
Une attention particulière s'impose en présence de revenus étrangers, d'assurance-vie, de PEA ou d'autres placements à régime spécifique, qui ne s'intègrent pas toujours simplement dans une comparaison PFU / barème. Cette simulation doit être refaite chaque année : une évolution des revenus du foyer, de la composition du portefeuille ou du taux marginal d'imposition peut changer l'option la plus favorable.
Ce qu'il faut retenir
Le choix entre PFU et barème progressif ne se résume pas à comparer deux taux. Il dépend de la nature des revenus, du niveau d'imposition du foyer et des mécanismes fiscaux réellement mobilisables. La suppression du caractère irrévocable de l'option depuis 2026 ne dispense pas d'une analyse complète et documentée, année après année.
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